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Kouté Vwa
Kouté vwa, Maxime Jean-Baptiste,

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Jean
Jolke Van Aerde, 2026

Le samedi 17 octobre, Jolke Van Aerde a reçu la mention spéciale au Film Fest Gent pour Jean. Son premier long métrage a été présenté en première mondiale dans la sélection officielle, en tant que seul film belge.

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→ Daens
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Stijn Coninx,

Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

→ Daens
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Stijn Coninx,

Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

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Stijn Coninx,

Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

Cultuurcentrum Scharpoord, Knokke-Heist
+ Q&A avec Stijn Coninx
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Stijn Coninx,

Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

De Cinema, Anvers
+ SCHOENAERTS/DECLEIR rétrospective
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Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

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Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

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Stijn Coninx,

Le prêtre Daens retourne à Alost, où les ouvriers souffrent de la pauvreté, du travail infantile et de la surexploitation dans l'industrie textile. Poussé par son sens de la justice, il prend leur parti, même si cela le met en conflit avec l'Église et la bourgeoisie aisée. Un film historique sur la lutte pour la justice.

→ Pink Ulysses
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→ Soy Libre
Soy Libre (Laure Portier, 2021)

Laure Portier, cinéaste, suit son petit frère Arnaud dans une quête de liberté et d'identité sur près de dix ans. Après une enfance turbulente, Arnaud doit faire face à un destin tracé d'avance. Un portrait intime et émouvant d'un esprit en lutte, explorant les liens familiaux et le pouvoir émancipateur du cinéma.

Soy libre 

Introduction par Tillo Huygelen 


Dans Soy Libre (2021), Laure Portier livre un compte-rendu de la dizaine d’années qu’elle a passé à la recherche d’Arnaud, son frère cadet. Après une jeunesse tumultueuse, Arnaud est parti en quête d’une vie libre. Ce qui le conduira de France jusqu’en Espagne, et qui l’amènera finalement en Amérique du Sud. Soy Libre est le deuxième film de Portier, après Dans l'œil du chien (2019), un court-métrage documentaire qui suit sa grand-mère. Les deux films sont en étroite relation, et vont même jusqu’à s’entrecroiser : Arnaud apparaît dans son premier film pour la première fois devant la caméra. Les deux films reposent sur une histoire familiale profonde et complexe. 

En 2012, tout juste diplômée de l’INSAS, Portier va chercher son frère qui venait de sortir de prison, avec la proposition de faire un film ensemble. Portier menait une vie bien différente de celle d’Arnaud. Elle faisait des études d’art, qui l’ont amenée dans un milieu social artistique, alors que son frère a suivi un parcours social bien différent; il est perdu et recherche un nouvel hébergement. Dans une interview à Sabzian, Portier explique que Soy Libre a pour but de créer “un cadre ou un mouvement” pour Arnaud. Elle considère son film comme une manière de “venger” son frère, de lui donner la possibilité de revendiquer un endroit quelque part dans le monde, quelle que soit son origine sociale. Le titre, qui signifie “je suis libre”, veut donc aussi dire “je suis ici” – une quête d’affirmation de soi. “Peut-être que la vision de sa vie lui a donné le courage d’aller vers autre chose. Enfin, j’en suis certaine. Je crois que c’est la seule chose dont parle le film : pouvoir se réinventer soi-même,” dit encore Portier. En ce sens, le film est un espace que se partagent un frère et une sœur : Arnaud tourne également des images lorsqu’il est à l’étranger, et les envoie à sa sœur. L’échange qui en ressort renforce sa quête. Arnaud se filme dans toutes sortes d’endroits, parfois dans des situations précaires : une plage, une manifestation, en train de dormir sur un banc dans un parc la nuit. Ses images sont un signe de vie, autant pour sa sœur que pour lui-même. “Pour ne pas perdre la tête”, il doit toucher le monde et le changer. Il doit sentir qu’il est présent. Il vole, il détruit, il vit dans un monde sans interdit, et il documente tout. Enfin, il fait aussi des dessins qui, dans le film, montrent une autre image de son univers intérieur.

Dans le film, frère et soeur se font face non seulement en tant que membres d’une famille, mais aussi en tant que filmeur et filmé. La question de la responsabilité d’une grande sœur envers son petit frère se reflète dans la tension entre cinéaste documentaire et sujet. Dans Soy Libre, Portier se heurte aux limites du portrait documentaire. Saisir Arnaud en une seule image uniforme et exhaustive se révèlera un vain espoir au long du film. En tant qu’”objet” de documentaire, Arnaud s’échappe constamment de toute représentation définitive. Arnaud entre et sort du cadre en permanence, jouant parfois à un cache-cache filmique avec sa sœur. Plus le film avance, plus elle devient une spectatrice extérieure de son monde. “Est-ce que je gâche ta vie en la filmant ?”, lui demande-t-elle à un moment. Arnaud se laisse littéralement dériver de l’image; la caméra dérange perturbe sa relation à son nouvel environnement, et le cadre filmique n’est plus le bienvenu. 

Portier ne se force pas à dissimuler l’artificialité de son film : le jeu est mis en place des deux côtés. “Je crois que j’utilise le mot ‘sincère’ dans le film. Le ‘vrai’ m’importe peu, et encore moins quand il s’agit de cinéma. Le film, c’est l’endroit où l’on se rencontre, un espace commun, un moyen de nous transcender, au-delà de notre propre réflexion sur le monde et notre propre condition.” Au début de Soy Libre, Arnaud dévale la route à toute vitesse en scooter avec sa sœur à l’arrière, caméra à l’épaule. Vitesse qui la met audiblement à rude épreuve. Elle doit continuer à filmer son frère, garder la caméra droite, faire la mise au point. La scène résume bien ce que Soy Libre met en jeu. Tout comme Arnaud se déplace dans l’espace physique, il se déplace dans le cadre filmique, se réinventant constamment et façonnant à volonté la manière dont il apparaît à l’image. Le souhait de Portier n’est pas de comprendre Arnaud. Après tout, la compréhension n’est qu’un autre cadre imposé. “Pour moi, c’est le corps qui doit réagir avant l’esprit : si mon corps l’a compris, le reste suivra.” Soy Libre est une invitation à accompagner Arnaud dans sa quête de liberté, et la tentative d’une sœur de le suivre.
 

Tillo Huygelen  

Cinéaste 
Rédacteur et collaborateur artistique Sabzian

Soy libre 

Introduction par Tillo Huygelen 


Dans Soy Libre (2021), Laure Portier livre un compte-rendu de la dizaine d’années qu’elle a passé à la recherche d’Arnaud, son frère cadet. Après une jeunesse tumultueuse, Arnaud est parti en quête d’une vie libre. Ce qui le conduira de France jusqu’en Espagne, et qui l’amènera finalement en Amérique du Sud. Soy Libre est le deuxième film de Portier, après Dans l'œil du chien (2019), un court-métrage documentaire qui suit sa grand-mère. Les deux films sont en étroite relation, et vont même jusqu’à s’entrecroiser : Arnaud apparaît dans son premier film pour la première fois devant la caméra. Les deux films reposent sur une histoire familiale profonde et complexe. 

En 2012, tout juste diplômée de l’INSAS, Portier va chercher son frère qui venait de sortir de prison, avec la proposition de faire un film ensemble. Portier menait une vie bien différente de celle d’Arnaud. Elle faisait des études d’art, qui l’ont amenée dans un milieu social artistique, alors que son frère a suivi un parcours social bien différent; il est perdu et recherche un nouvel hébergement. Dans une interview à Sabzian, Portier explique que Soy Libre a pour but de créer “un cadre ou un mouvement” pour Arnaud. Elle considère son film comme une manière de “venger” son frère, de lui donner la possibilité de revendiquer un endroit quelque part dans le monde, quelle que soit son origine sociale. Le titre, qui signifie “je suis libre”, veut donc aussi dire “je suis ici” – une quête d’affirmation de soi. “Peut-être que la vision de sa vie lui a donné le courage d’aller vers autre chose. Enfin, j’en suis certaine. Je crois que c’est la seule chose dont parle le film : pouvoir se réinventer soi-même,” dit encore Portier. En ce sens, le film est un espace que se partagent un frère et une sœur : Arnaud tourne également des images lorsqu’il est à l’étranger, et les envoie à sa sœur. L’échange qui en ressort renforce sa quête. Arnaud se filme dans toutes sortes d’endroits, parfois dans des situations précaires : une plage, une manifestation, en train de dormir sur un banc dans un parc la nuit. Ses images sont un signe de vie, autant pour sa sœur que pour lui-même. “Pour ne pas perdre la tête”, il doit toucher le monde et le changer. Il doit sentir qu’il est présent. Il vole, il détruit, il vit dans un monde sans interdit, et il documente tout. Enfin, il fait aussi des dessins qui, dans le film, montrent une autre image de son univers intérieur.

Dans le film, frère et soeur se font face non seulement en tant que membres d’une famille, mais aussi en tant que filmeur et filmé. La question de la responsabilité d’une grande sœur envers son petit frère se reflète dans la tension entre cinéaste documentaire et sujet. Dans Soy Libre, Portier se heurte aux limites du portrait documentaire. Saisir Arnaud en une seule image uniforme et exhaustive se révèlera un vain espoir au long du film. En tant qu’”objet” de documentaire, Arnaud s’échappe constamment de toute représentation définitive. Arnaud entre et sort du cadre en permanence, jouant parfois à un cache-cache filmique avec sa sœur. Plus le film avance, plus elle devient une spectatrice extérieure de son monde. “Est-ce que je gâche ta vie en la filmant ?”, lui demande-t-elle à un moment. Arnaud se laisse littéralement dériver de l’image; la caméra dérange perturbe sa relation à son nouvel environnement, et le cadre filmique n’est plus le bienvenu. 

Portier ne se force pas à dissimuler l’artificialité de son film : le jeu est mis en place des deux côtés. “Je crois que j’utilise le mot ‘sincère’ dans le film. Le ‘vrai’ m’importe peu, et encore moins quand il s’agit de cinéma. Le film, c’est l’endroit où l’on se rencontre, un espace commun, un moyen de nous transcender, au-delà de notre propre réflexion sur le monde et notre propre condition.” Au début de Soy Libre, Arnaud dévale la route à toute vitesse en scooter avec sa sœur à l’arrière, caméra à l’épaule. Vitesse qui la met audiblement à rude épreuve. Elle doit continuer à filmer son frère, garder la caméra droite, faire la mise au point. La scène résume bien ce que Soy Libre met en jeu. Tout comme Arnaud se déplace dans l’espace physique, il se déplace dans le cadre filmique, se réinventant constamment et façonnant à volonté la manière dont il apparaît à l’image. Le souhait de Portier n’est pas de comprendre Arnaud. Après tout, la compréhension n’est qu’un autre cadre imposé. “Pour moi, c’est le corps qui doit réagir avant l’esprit : si mon corps l’a compris, le reste suivra.” Soy Libre est une invitation à accompagner Arnaud dans sa quête de liberté, et la tentative d’une sœur de le suivre.
 

Tillo Huygelen  

Cinéaste 
Rédacteur et collaborateur artistique Sabzian

Les Ateliers Populaires | Mois du Doc, Bruxelles
+ En présence d'Elsa Audevart et Laure Portier
En salle
→ Restless Stones
Restless Stones_Thumb

En octobre 2015, le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) et la jeunesse Kurde insurgée  proclament l’autonomie de villes-clés du Kurdistan du Nord, déclenchant une répression brutale de l’armée turque. Dix ans plus tard, Restless Stones revisite des images brutes de ces moments, dans une impressionnante tentative de trouver du sens à cette violence et à ses traumatismes persistants.

Bozar, Bruxelles
+ Sous-titres en anglais et Q&A en anglais avec Ellen Vermeulen
En salle
→ Restless Stones
Restless Stones_Thumb

En octobre 2015, le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) et la jeunesse Kurde insurgée  proclament l’autonomie de villes-clés du Kurdistan du Nord, déclenchant une répression brutale de l’armée turque. Dix ans plus tard, Restless Stones revisite des images brutes de ces moments, dans une impressionnante tentative de trouver du sens à cette violence et à ses traumatismes persistants.

Bozar, Brussels
+ Sous-titres en français
En salle
→ Restless Stones
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En octobre 2015, le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) et la jeunesse Kurde insurgée  proclament l’autonomie de villes-clés du Kurdistan du Nord, déclenchant une répression brutale de l’armée turque. Dix ans plus tard, Restless Stones revisite des images brutes de ces moments, dans une impressionnante tentative de trouver du sens à cette violence et à ses traumatismes persistants.

Bozar, Bruxelles
+ Sous-titres en anglais
En salle
→ Restless Stones
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En octobre 2015, le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) et la jeunesse Kurde insurgée  proclament l’autonomie de villes-clés du Kurdistan du Nord, déclenchant une répression brutale de l’armée turque. Dix ans plus tard, Restless Stones revisite des images brutes de ces moments, dans une impressionnante tentative de trouver du sens à cette violence et à ses traumatismes persistants.

Bozar, Bruxelles
+ Sous-titres en français
→ Restless Stones
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En octobre 2015, le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) et la jeunesse Kurde insurgée  proclament l’autonomie de villes-clés du Kurdistan du Nord, déclenchant une répression brutale de l’armée turque. Dix ans plus tard, Restless Stones revisite des images brutes de ces moments, dans une impressionnante tentative de trouver du sens à cette violence et à ses traumatismes persistants.

Sphinx Cinema, Gand
+ Q&A avec Ellen Vermeulen
→ Globes
Sport- en Cultuurcentrum Hof ter Straeten | Natuurpunt Jabbeke, Jabbeke
+ Q&A avec Nina de Vroome, en collaboration avec Velt Jabbeke (jardinage écologique) et le groupe de travail sur les abeilles de Jabbeke
→ Pink Ulysses
→ Le chantier des gosses
Le chantier des gosses (Jean Harlez, 1970)
Jean Harlez,

Dans les rues étriquées des Marolles, grouillent des gosses. Leur coin de paradis et d’illusions est un terrain vague où un beau jour arrivent des hommes en chapeau mou et d’autres en salopettes qui déploient des papiers… Doucement, la stupeur des gosses se transforme en révolte. Un film sur Bruxelles aux années cinquante, fait avec des gens de la rue.

Le chantier des gosses

Texte d’introduction par Ruben Demasure   

 

Avec Le chantier des gosses (1970), l’autodidacte Jean Harlez (1924) réalise son grand rêve : faire un long-métrage dans le quartier bruxellois des Marolles. Avec les enfants du quartier et une caméra bricolée, Harlez improvise l’histoire d’une bande de gamins des rues qui défendent leur terrain vague contre les géomètres et les entrepreneurs qui veulent y implanter une tour de logements sociaux. La genèse du film fut une bataille aussi spectaculaire qu'éprouvante.

Les études historiques du cinéma belge situent le plus souvent Jean Harlez dans une tradition de “cinéastes du dimanche” obstinés, avec plus de passion que de moyens. Harlez a commencé son film de sa propre initiative en 1954. Poussé par un engagement social critique, il s'est intéressé à la vie quotidienne de la classe ouvrière. Sans intrigue artificielle ni tournage en studio, Harlez a filmé des amateurs locaux dans leur propre environnement. Lorsque des géomètres venaient réellement prendre des mesures pendant un jour de tournage, ils devenaient alors partie intégrante de l’histoire.

Pourtant, il fallut attendre 1970 pour trouver les dernières ressources essentielles à l'achèvement du son du film. “La Belgique préférait faire le plein de visiteurs à son Expo, et ce n'était pas opportun de montrer le revers de la médaille,” déclare Marcelle Dumont, la dialoguiste et épouse de Harlez, dans son discours lors de la projection de gala du film au palais des Congrès. Au milieu des années cinquante, le film montrait un quartier de notre capitale où les habitants devaient se débrouiller sans électricité ni toilettes, avec une seule pompe à eau dans toute la rue. 

Après la première, le film n’a pas pu tenter sa chance au cinéma. Après une diffusion à la télévision l’année suivante, l’histoire s’arrête. C'est du moins ce qu'il semblait. Jusqu'à ce que, bien des années plus tard, un employé du Cinéma Nova à Bruxelles rencontre par hasard Jean Harlez, et que la machine se remette en marche. En faisant du Chantier des gosses sa première sortie commerciale, le Nova fut auréolé d’un énorme succès. Le film est resté près de deux mois en salles. Au lancement de la plateforme de distribution Avila, il y a cinq ans, le film devenait disponible en VOD. À l’occasion des cent ans de Jean Harlez, ils ramènent le film en salle.

Mis à part le lieu de tournage, avant de commencer, Harlez n’était sûr que d’une chose : il voulait filmer les enfants en raison de leur sincérité. Le terrain vague qui leur sert de terrain de jeu était le résultat de la récente deuxième Guerre Mondiale. La blessure fut infligée au quartier par une bombe V1 qui, le 8 novembre 1944 (après la Libération), avait pour cible le Palais de Justice. L'impact a provoqué l'effondrement des voûtes du théâtre de Toone. La dynastie des théâtres de marionnettes folkloriques Toone est exactement aussi vieille que la Belgique, et provient de la tradition des pièces de marionnettes satiriques contre les détenteurs du pouvoir. Grâce à Harlez, ce ground zero fut à nouveau le théâtre malicieux d'une bataille contre des promoteurs immobiliers qui tirent fermement les ficelles.

Les enfants sont une représentation idéale des sans-voix. Dans un monde d’adultes, ils gardent un regard émerveillé. Le chantier des gosses commence sur des images d'ensemble de la façade et de l'arrière du Palais de Justice, alors pas encore le chantier éternel de ces quarante dernières années. Sur la balustrade, avec vue sur le quartier des Marolles, un garçon et une fille rentrent dans le cadre en marchant. Ensuite, le spectateur se joint aux enfants. À travers leurs yeux, il se place au point de vue panoramique que les touristes de l’Expo 58 emprunteront exactement au même endroit quelques années plus tard. Cela représente en même temps une résistance à la vision orthodoxe et rationnelle des géomètres et de l'enseignant qui leur apprend à calculer les volumes en classe. Pour les enfants, la rue est l’école d’apprentissage naturelle. Sous le mastodonte de la justice qui surplombe la ville, ils vivent eux-mêmes une injustice et prennent les choses en main. Derrière cette même balustrade, les garçons font pipi sur deux agents de police en contrebas, et tourmentent les figures d’autorité tels Quick et Flupke. À la fin du film, l’image d’ouverture du jeune couple contemplatif revient une dernière fois.  Seulement, on ne regarde plus par dessus la balustrade. À la place, c'est une contre-plongée des nouvelles tours d’habitation qui enferment, aveuglantes, la quasi-totalité du cadre. Le petit couple s’en va, chacun de son côté. 


Ce texte est une version remaniée d’un texte publié en en 2021 dans Sabzian. La version non abrégée est disponible en ligne. 

 

Ruben Demasure

Coordinateur Art Cinema OFFoff et assistant d’enseignement Cinéma UAntwerpen

Le chantier des gosses

Texte d’introduction par Ruben Demasure   

 

Avec Le chantier des gosses (1970), l’autodidacte Jean Harlez (1924) réalise son grand rêve : faire un long-métrage dans le quartier bruxellois des Marolles. Avec les enfants du quartier et une caméra bricolée, Harlez improvise l’histoire d’une bande de gamins des rues qui défendent leur terrain vague contre les géomètres et les entrepreneurs qui veulent y implanter une tour de logements sociaux. La genèse du film fut une bataille aussi spectaculaire qu'éprouvante.

Les études historiques du cinéma belge situent le plus souvent Jean Harlez dans une tradition de “cinéastes du dimanche” obstinés, avec plus de passion que de moyens. Harlez a commencé son film de sa propre initiative en 1954. Poussé par un engagement social critique, il s'est intéressé à la vie quotidienne de la classe ouvrière. Sans intrigue artificielle ni tournage en studio, Harlez a filmé des amateurs locaux dans leur propre environnement. Lorsque des géomètres venaient réellement prendre des mesures pendant un jour de tournage, ils devenaient alors partie intégrante de l’histoire.

Pourtant, il fallut attendre 1970 pour trouver les dernières ressources essentielles à l'achèvement du son du film. “La Belgique préférait faire le plein de visiteurs à son Expo, et ce n'était pas opportun de montrer le revers de la médaille,” déclare Marcelle Dumont, la dialoguiste et épouse de Harlez, dans son discours lors de la projection de gala du film au palais des Congrès. Au milieu des années cinquante, le film montrait un quartier de notre capitale où les habitants devaient se débrouiller sans électricité ni toilettes, avec une seule pompe à eau dans toute la rue. 

Après la première, le film n’a pas pu tenter sa chance au cinéma. Après une diffusion à la télévision l’année suivante, l’histoire s’arrête. C'est du moins ce qu'il semblait. Jusqu'à ce que, bien des années plus tard, un employé du Cinéma Nova à Bruxelles rencontre par hasard Jean Harlez, et que la machine se remette en marche. En faisant du Chantier des gosses sa première sortie commerciale, le Nova fut auréolé d’un énorme succès. Le film est resté près de deux mois en salles. Au lancement de la plateforme de distribution Avila, il y a cinq ans, le film devenait disponible en VOD. À l’occasion des cent ans de Jean Harlez, ils ramènent le film en salle.

Mis à part le lieu de tournage, avant de commencer, Harlez n’était sûr que d’une chose : il voulait filmer les enfants en raison de leur sincérité. Le terrain vague qui leur sert de terrain de jeu était le résultat de la récente deuxième Guerre Mondiale. La blessure fut infligée au quartier par une bombe V1 qui, le 8 novembre 1944 (après la Libération), avait pour cible le Palais de Justice. L'impact a provoqué l'effondrement des voûtes du théâtre de Toone. La dynastie des théâtres de marionnettes folkloriques Toone est exactement aussi vieille que la Belgique, et provient de la tradition des pièces de marionnettes satiriques contre les détenteurs du pouvoir. Grâce à Harlez, ce ground zero fut à nouveau le théâtre malicieux d'une bataille contre des promoteurs immobiliers qui tirent fermement les ficelles.

Les enfants sont une représentation idéale des sans-voix. Dans un monde d’adultes, ils gardent un regard émerveillé. Le chantier des gosses commence sur des images d'ensemble de la façade et de l'arrière du Palais de Justice, alors pas encore le chantier éternel de ces quarante dernières années. Sur la balustrade, avec vue sur le quartier des Marolles, un garçon et une fille rentrent dans le cadre en marchant. Ensuite, le spectateur se joint aux enfants. À travers leurs yeux, il se place au point de vue panoramique que les touristes de l’Expo 58 emprunteront exactement au même endroit quelques années plus tard. Cela représente en même temps une résistance à la vision orthodoxe et rationnelle des géomètres et de l'enseignant qui leur apprend à calculer les volumes en classe. Pour les enfants, la rue est l’école d’apprentissage naturelle. Sous le mastodonte de la justice qui surplombe la ville, ils vivent eux-mêmes une injustice et prennent les choses en main. Derrière cette même balustrade, les garçons font pipi sur deux agents de police en contrebas, et tourmentent les figures d’autorité tels Quick et Flupke. À la fin du film, l’image d’ouverture du jeune couple contemplatif revient une dernière fois.  Seulement, on ne regarde plus par dessus la balustrade. À la place, c'est une contre-plongée des nouvelles tours d’habitation qui enferment, aveuglantes, la quasi-totalité du cadre. Le petit couple s’en va, chacun de son côté. 


Ce texte est une version remaniée d’un texte publié en en 2021 dans Sabzian. La version non abrégée est disponible en ligne. 

 

Ruben Demasure

Coordinateur Art Cinema OFFoff et assistant d’enseignement Cinéma UAntwerpen

Archipel 19, Berchem-Sainte-Agathe
+ Avec acteur Freddy Piette

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Film
Thumb Claire's Camera

Pendant le Festival de Cannes, Manhee, une jeune assistante de vente de films, est brusquement licenciée par sa patronne pour une mystérieuse « malhonnêteté ». Lorsqu'elle rencontre Claire, une enseignante munie d'un appareil photo Polaroid qui possède peut-être d'étranges pouvoirs, toutes deux tentent de donner un sens au licenciement de Manhee.

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Le réalisateur Ham Chunsu arrive à Suwon avec un jour d'avance et rencontre Yoon Heejung, une jeune artiste peintre. Ils passent la journée ensemble à visiter son atelier, à boire du soju et à voir des amis, se prêtant à un jeu de séduction fragile, jusqu'à ce que les choses tournent mal. Et puis, tout recommence depuis le début.

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Un cinéaste qui ne filme plus arrive à Séoul pour y retrouver un ami proche. Comme cet ami ne vient pas, il erre dans la ville pendant trois jours, buvant et rencontrant des femmes, chaque jour se déroulant comme une variation de la veille.

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Lettre d'un cinéaste à sa fille_still

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Thumb Les films de la maison

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Programme
Shorts Programme: Neighbourhoods

Ce programme de courts-métrages nous emmène en visite dans des quartiers bruxellois. Les quatre films sont des portraits de voisinage charmants et émouvants. Le programme s’étend sur une période de presque 60 ans, ce qui en fait un point de vue privilégié sur une capitale en perpétuelle transformation.

Film
Bamssi (Mourad Ben Amor)

Des images aussi urgentes qu’une story Instagram créent un dialogue à longue distance entre une famille à propos de la mer : Mourad et Fairuz, la Tunisie et l’étranger. Un film sur l’attente, sur les désirs et les rêves dangereux.

Film
Apple Cider Vinegar (Sofie Benoot, 2024)

Une narratrice fictive de documentaires sur la nature nous emmène dans un voyage à la rencontre de tailleurs de pierre palestiniens, de géologues britanniques passionnés et des habitants des champs de lave de Fogo. Un essai cinématographique hypnotique qui pose des questions écologiques urgentes.

Film
Forbidden Pilgrimage (Ellen Vermeulen, 2024)

En 1952 Marie-Louise Chapelle devient la première femme française à grimper un sommet inexploré de l’Himalaya. Des années plus tard, la réalisatrice Ellen Vermeulen suit ses traces. Les ambitions personnelles, les restrictions sociales et la complexité d’être une femme sont au coeur de ce voyage intime à travers des paysages enneigés.

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Bientôt disponible

Film
Thumb Le 15/8
Le 15/8
Chantal Akerman, Samy Szlingerbaum,