Dans ce film charmant et faussement modeste, Manhee, assistante pour une société de ventes de films, se rend au Festival de Cannes pour son travail lorsqu'elle est brusquement licenciée par sa patronne, qui l'accuse d'être « malhonnête ». Pendant ce temps, Claire, une enseignante parisienne qui visite le festival pour la première fois, arpente les rues avec son appareil photo Polaroid, convaincue que les photographies possèdent un pouvoir transformateur, et nous permettent de voir les choses différemment. Lorsque Claire croise le chemin de Manhee et se lie d'amitié avec elle, ce duo improbable se transforme en une sorte de tandem de détectives. En se déplaçant dans les ruelles et les cafés de Cannes, bien loin des projecteurs du festival, elles reconstituent les circonstances du licenciement de Manhee, développant au passage de nouvelles perspectives sur la vie.
« En un peu plus d’une heure et avec des moyens plus rudimentaires que jamais, Hong Sangsoo tourne en toute simplicité, comme on respire, les doigts dans le nez, un petit bijou de film improvisé. »
Jean-Baptiste Morain / Les Inrockuptibles
« Cannes et ses murs jaunes sont filmés comme un enchevêtrement de passages secrets et de voies croisées, où l’on tombe sans cesse les uns sur les autres. La beauté du film tient au grand cas qu’il fait du regard : non seulement Claire prétend que ses photos transforment ses modèles, mais elle invite ces derniers à poser un regard différent sur le monde qui les entoure. « La seule façon de changer les choses, c’est de tout regarder à nouveau très longtemps », dit-elle. Une morale limpide et tenace, qui résume à merveille toute l’évidence et la sophistication mêlées du cinéma de Hong Sangsoo. »
Mathieu Macheret / Le Monde
