Un film investigatif dans lequel Harun Farocki analyse les liens complexes entre l’armée et l’industrie chimique. « Lorsque nous vous montrerons des images de victimes du napalm, vous fermerez les yeux. Vous les fermerez devant ces images. Puis devant leur souvenir. Et enfin devant les faits », déclare Farocki au début du film. La question qui guide l’œuvre est donc la suivante : comment représenter la cruauté du napalm sans pousser le public à détourner le regard ?
En reconstituant les laboratoires de Dow Chemical, entreprise chimique américaine qui produisait à la fois le napalm utilisé pendant la guerre du Viêt Nam et de l’électroménager du quotidien, Farocki filme à distance les atrocités de la guerre moderne. Plutôt que de recourir à la dramatisation, il analyse les rôles segmentés que jouent scientifiques et ingénieurs dans la fabrication d’armes de destruction massive. Un constat sobre, mais percutant, sur l’enchevêtrement des rapports entre industrie, politique et violence.
