C’est la voix chaleureuse de Cao Thị Hậu, une vieille dame issue d'une région rurale du Vietnam, qui porte ce documentaire sensoriel. Elle appartient à la communauté Rục, une minorité ethnique qui a vécu isolée dans des grottes jusque dans les années 1950, avant que le gouvernement ne la reloge dans des villages. Aujourd'hui, elle vit avec ses petits-enfants, à qui elle transmet avec amour la fragile langue Rục et les savoirs traditionnels. Des observations intimes, tournées sur une pellicule granuleuse, révèlent la beauté des petits moments du quotidien, la tendresse des liens familiaux et la force tranquille avec laquelle elle préserve sa culture et ses traditions. Il en résulte un portrait de famille poétique, où le son des feuilles, de la boue et de l'eau qui goutte compose une partition acoustique qui éveille les sens et suscite un émerveillement silencieux.
« Un poème fait de mots et de gestes à transmettre, à répéter, pour ne pas oublier. Le tandem de cinéastes trentenaires assume la fragilité de l'image avec cette caméra mécanique qu'il faut remonter et qui leur a joué des tours. Une ou deux fois le vert de la forêt recouvre d'autres couleurs (le rose fuchsia du foulard de Madame Hau), l'image évoquant la splendeur d'une toile abstraite de Gerhard Richter. »
Clarisse Fabre / Le Monde
« Hair, Paper, Water… s’apparente à un documentaire expérimental tant sa forme est proche d’un laboratoire. Mais le film ne s’arrête pas à sa structure formelle, les réalisateurs centrent le récit autour d’une singularité, mais c’est toute une question sociétale qui est sous-jacente, c’est l’histoire des traditions qui disparaissent, c’est l’histoire de transmissions, c’est l’histoire de fracture sociale, de fracture familiale. C’est notre histoire collective. »
Nastasja Caneve / Cinergie
« Nous avions, dès le départ, des mots-clés – grotte, maison, eau – qui s’entremêlaient, se répondaient. En tournant, nous sommes devenus très attentifs aux liens entre ces mots, à la façon dont ils résonnaient les uns avec les autres. Nous filmions ce qui nous évoquait ces associations, sans chercher à imposer une narration linéaire. Le film se construit ainsi, comme une toile de connexions poétiques. »
Nicolas Graux / Cinergie
« Le film capture la coexistence entre tradition et modernité, la fragilité des transmissions, et la résilience des femmes face aux difficultés du village, tout en gardant une simplicité et une authenticité qui touchent le public par leur universalité. »
Le Courrier du Vietnam
« Ce n’est pas un documentaire informatif mais une rêverie sur l’image de cette vieille femme traversant des territoires inondées et souhaitant plus que tout retrouver sa grotte natale. Il en résulte un film qui ne suit pas une logique narrative, mais un égrainage poétique, dans lequel on commence par le rapport aux cheveux de l’héroïne, une occasion de projeter ses souvenirs, mais où on rebondit de façon parfois étonnante, en même temps que l’écran essaye de s’accaparer quelques bribes de la langue Rục, langue minoritaire de plus en plus confinée au souvenir. »
Florent Dichy / East Asia














